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Le texte est celui du blog que j'ai tenu pendant ce voyage.
Les photos sont plus nombreuses ici.


Mardi 15 juin 2010, 9H30, place Carlo Guzzi
La moto est chargée, je grimpe dessus, les premières gouttes de pluie arrivent.
Peu avant Spéracèdes, c'est l'averse.
Je réussis à me garer dans le village pour enfiler les sacs poubelles, suis déjà bien mouillé. Je poursuis, rejoins la Napoléon.
Vers Castellane, je constate que la moto ne charge plus, le voltmètre ne dépassant pas 10 volts.
Le plein à Sisteron, bien entendu, le démarreur refuse de tourner, j'attends le retour du mécano de la station à 13H30, un coup de câbles et c'est parti.
Il pleut de plus en plus fort, le side part plusieurs fois en aquaplaning, le voltmètre est maintenant à 8 volts, le moteur ratatouille.
Sortie Gap, le col Bayard est gravi avec peine, bien dommage car il n'y avait personne pour bouchonner !
A hauteur du Glaizil, le moteur s'arrête d'un coup, au milieu du pont sur le Drac, j 'ai juste assez d'élan pour m'arrêter sur un parking après le pont.
Sous des trombes d'eau, je joins l'assistance, qui me propose le transport de la moto à ... Tallard, au sud de Gap !
Je joins Jacky, qui se propose aussitôt de me rejoindre avec une batterie.
Puis mon téléphone refuse de m'obéir, il sonne, mais le clavier est totalement inopérant.
Et Jacky arrive enfin avec la batterie salvatrice qui est rapidement mise en place.
Je profite du mobile de Jacky pour appeler Tom à qui je demande de prévenir Isa à Aiton, chez qui je devais passer la nuit.
Et direction Grenoble.
Arrivons à Laffrey vers 18H, je suis trempé, frigorifié. Véro me prête un T-shirt et une chemise genre bûcheron canadien, je revis et rejoins Rémi et Jacky, qui ont quasiment trouvé la panne.
La cellule redresseuse et le régulateur sont morts, plus un fil en court-circuit.
Puis Véro nous sert un repas divin (pas mangé ce midi) la réparation s' achève,( heureusement que Rémi a les pièces en stock) et je passe ma première nuit dans la moto, il pleut toujours autant, mais la moto est dans la grange !

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Excellente nuit, je repars la batterie chargée à bloc et un alternateur qui charge.
Coup de chance, aujourd'hui il pleut.
Mais ce n'est que de la pluie, et non les trombes de la veille.
Je dois être le soir chez le Scal, au bord du Léman.
A midi, j'arrive à Aiton !
Mais je fais quoi à Aiton ???
Je fais demi-tour quand un caisseux klaxonne avec insistance et véhémence derrière moi.
Me retournant, je vois Isa qui me fait de grands signes !!!
Chez elle, après le steak aux petits pois, je crois comprendre : Sous la pluie, mon doigt a dû glisser sur l' écran GPS et j'ai sélectionné la destination de la veille.
Quelle coïncidence fabuleuse !

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Je reprends la route cette fois-ci dans la bonne direction, et en sortie d'Ugine, mes écouteurs de casque m'envoient un "bloup-pïp" Je comprends 2 secondes plus tard, je ne vois plus le GPS !
La route étant en sens unique, je dois atteindre le rond-point suivant pour revenir sur mes pas, je suis chanceux, personne n'a roulé sur le GPS, l'écran n'est même pas cassé, je le remonte donc en vérifiant son accrochage.
Il me fait la gueule et restant bloqué jusqu'à Annecy, et le truc se débloque enfin !
Costaud, non ?
C'est un Garmin Zümo 660.
Arrivée sans autre histoire au bord du lac Léman.

Jeudi 17 juin
Ce matin, il ne pleut pas !

On aperçoit le Léman, la journée doit se passer à Genève.

Pour revenir à la mémorable journée d'hier, comment pourrais-je rouler sans Jacky ?
L'été dernièr, il était chez moi le jour où nous prenons la route.
A 10 km de la maison "PAF-Pchh-pchh-pchh" Le side s'arrête, je constate qu'une bougie pend au bout de son fil.
"Allô Jacky ?
Viens me chercher, je suis pas loin !"
Il me tracte jusqu' à la Bocca, je fais poser un hélicoïl et redémarre 2 heures plus tard.
Hier, il a remis ça, et Rémi, et Véro...

La veille du départ pour l'Allemagne, le Scal se baisse et ramasse un bout de truc tout noir, et me demande: C'est à toi, ça ?
Mon oeil exercé reconnait aussitôt un morceau de plaquette de frein.
Normalement, mes plaquettes se trouvent sur les étriers, et non au sol.
Eh ben non, c'est bien à moi que cette demi-plaquette appartient : La partie "frein" s'est séparée du support acier.

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Pas très, très grave car c'est l'étrier qui est commandé à la poignée, je peux encore freiner au pied sur les étriers AV, AR et panier.
Je décolle vendredi matin, retrouve rapidement la pluie, un petit 10°C dans le jura.
La pluie s'arrête peu après Mulhouse, je trouve un jeu de plaquettes à Colmar et constate que j'ai perdu le cligno ARD de la moto.
Pas grave, il était pas branché, et ne devait pas être fixé sérieusement !
Arrivée à Kenzingen avec le soleil, mon vieil ami Hans m'attendait, Elfriede a préparé la Wurstsalat, tout va bien.
Montage des plaquettes samedi, je rajoute un chti peu d'huile et petit tour à Freiburg l'après midi.
J'ai connu Hans en 1972, alors que j'étais jeune soldat à la 730 ème compagnie de Munitions de Kenzingen.

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Nous nous revoyons toujours avec plaisir !
Avant de quitter Kenzingen, Hubert, un fils de Hans, me prête son moderne BMA moteur Sachs 30cm3 19 kmh à toc en limande, je fais un tour du village sans casque, qui n'est pas obligatoire avec ce brêlon.

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Ah ! Le vent dans les cheveux ! Me recoiffant rapidement, en cuir et départ Lörrach.
J'ai tout le temps et prends par la fédérale.
Brunnhilde est chargée sur le wagon, elle n'est pas tranquille, mais je lui explique qu'elle va se reposer les bielles durant le trajet jusqu'à Hambourg.

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Le trajet se déroule sans aucun incident mécanique, je dors très mal, le train arrive à l'heure à Hamburg (Ach ! La Budesbahn...)
Petit déjeuner lamentable, même le café était moins fort que celui d'Andrea !
Peut être vais-je créér un chapitre spécial concernant les pertes de bouts sur la route...
Je l'avais oublié, celui-là : L'antenne et le drapeau français ne font plus partie du voyage non plus...
Déchargement du train, je dois gagner la frontière à Flensburg, et sorti de la gare, dilemme : Un panneau montre le sigle « Autobahn » vers la droite, un autre pareil vers la gauche.
Pas de numéro, pas de direction, simplement le signe de l'autoroute.
Je choisis donc à gauche, visite un quartier du port (je ne connaissais pas) et vois un panneau « pont de l'Elbe »
Scheise !
Je vais au sud, je demitourne élégamment dans la matinale circulation hambourgeoise, et retrouve mon autre panneau vers la droite, qui, lui; mène vers le nord.
Je décide de gagner du temps et reste sur l'autoroute, franchis la frontière danoise sans m'en apercevoir, je voudrais bien être en Suède ce soir.
Deux seuls arrêts au Danemark, pour le carburant.
Suis un peu désolé de négliger ainsi un pays qui ne m'a rien fait, mais c'est comme ça.
Il ne pleut pas, mais c'est bien gris et je n'ai pas bien chaud, malgré le cuir.
Je passe l'interminable pont de l'Öresund qui relie les deux pays, il y a du vent au dessus de la mer et je me les caille.
La frontière suédoise se passe presque sans ralentir, il est 14 H, je décide de zapper Malmoe et de continuer au nord.
Le ciel est 'achement noir, l'orage menace et tient parole !
Trombes d'eau, j'ai l'impression que l'orage me suit, puis éclaircie, je suis à Hassleholm avec des ronds sur le A et ailleurs, un panneau « camping » et bingo !
Suis trop fatigué pour continuer, je me pose avec délicatesse.

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CHAPITRE DES PERTES :
J'ai paumé (rigolez pas, sinon je ne vous le dis plus)
-Le support du GPS entre les deux boules. Bien sûr, chais pô comment, et j'ai bricolé au
camping un élégant système de remplacement, sous l'oeil de mini-vikings qui commentaient la chose, mais comme je ne parle pas le viking, je vous le dirai pas.
-Le bitonio aimanté qui sert de capteur au compteur, ça c'est plus pénible car il sert à connaître la vitesse de déplacement et surtout pour faire le plein !!!
J'ai essayé de jouer les Mc Gyver en sacrifiant un aimant de ma sacoche réservoir, que j'ai
maintenu par une bouboule de « pâte-utilisée-par-les-carrossiers-pour faire-tenir-tout-
ce-qui-vibre »
mais le truc a fonctionné au poil seulement sur quelques centaines de mètres.
Ce matin, je suis réveillé par la clarté du jour, je regarde la montre, il est 4H du mat' !
Je me persuade de me rendormir jusqu'à 7H., et là, je constate QU' IL FAIT BEAU, prépare la brêle et me dirige vers le petit-déj que j'ai commandé la veille.
Les consignes ayant mal été transmises, l'équipe d'aujourd'hui n'était pas au courant et j'attends....
J'ai attendu 10 minutes.
Pas mal, charcuterie, oeuf, fromage, petit pain blanc et plusieurs pains rigidement suédois.
Quand je demande à payer, une gentille et blonde madame me répond que je ne dois rien avec un grand sourire.
Je reprends la route sans combine de pluie ( quelle extase !) cette fois-ci les petites routes, en excellent état, bien signalées, à travers un paysage magnifique, de profondes forêts, des champs cultivés au cordeau, des maisons coquettes.
Malgré la limite de vitesse (100, 90, 80, 70, 50) on arrive à rouler car très peu d'agglomérations sont traversées.
De très nombreux radars, toujours signalés, sont en place, je me demande à qui ils servent, car les suédois respectent rigoureusement la signalisation (étonnant, non ?)
Je croise très peu de motards.
Le motard suédois ne salue pas son homologue.
J'ai tenté plusieurs fois de le faire, en croisant, puis en étant dépassé par un viking, mais aucune réponse.
Je me considère comme froissé, et désormais, je les ignorerai superbement.
Le motard allemand, également, est très discret dans son salut.
Alors qu'il y a une soixantaine d'années, son salut était des plus démonstratifs en claquant des talons, il s'est aujourd'hui il se fait plus discret.
Il y a quelques années, je roulais en république Tchèque. Le motard de là-bas, espèce alors
extrêmement rare, te saluait un peu comme le torero à qui l'on vient de remettre les couilles de l'animal malchanceux.
Finalement, c'est amusant, ces différences de comportement...
Je vais prêter attention aux autres motards des pays traversés.
Au cours d'un arrêt carburant, un mec me demande si je veux une photo de moi-même (il y a, bien sûr, un lac derrière) je constate qu'il parle allemand et commençons la discussion.
C 'est un motard de Lübeck qui conduit un semi-remorque, dès que je lui dis que j'ai les Lofoten au programme, il me donne l'adresse d'un de ses potes lofotonien, et m'écrit une petite lettre à lui remettre.

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Ce soir, étape à Motala, je m'y suis arrêté tôt, car je comptais trouver de la résine pour bidouiller un aimant de compteur, et puis je devais laver quelques T-shirts, slips et chaussettes.
Pas trouvé de résine, mais lavé mes affaires, que j'ai disposées sur l'herbe pour qu'elles sèchent.
3 heures après, toujours mouillé !
Je fais comment, je rentre les affaires dans un sac poubelle pour continuer demain ?
Je les laisse cette nuit dehors, mais la rosée ???
Après le dîner, j'aviserai.
Et pi il faudra que vous parle des vieux...

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Après le dîner donc, les T-shirts noirs sont presque secs, pas les blancs...?
Le soleil se couchant après 22h, les T-shirts sont presque secs, je les place dans la chambre (je dis "la chambre" et pas le panier)
On voit sur la photo que l'on n'est pas tassés !

Je voulais parler des vieux : Si on n'en voit aucun en Chine comme cela m'a frappé il y a un mois, ici, on les trouve tous au camping : Je suis certain qu'en franchissant l'entrée du camping, j'ai fait chuter la moyenne d'âge d'au moins 15 ans !!!
Au dodo peu après le coucher de soleil, je suis une fois de plus réveillé par la clarté à 04 H, me persuade qu'il n'est pas l'heure pour me re-réveiller à 7H.
Café, et comme je voulais relever le guidon, je sors les outils, et découvre que j'ai amené une boîte de pâte pour réparer les échappements : Je l'avais achetée au Sanglier de l'année dernière car la courroie de l'alternateur m'avait bouffé la vis de maintien de cuve, cette pâte avait fait merveille en stoppant l'essence, je sacrifie donc un deuxième aimant de la sacoche réservoir.
En partant, je constate que ça ne marche pas mieux, mais le montage a tenu, je dois simplement régler l'entrefer.
20 km après le départ, un doute ma bite.
Le voltmètre ne décolle pas, il était assez long à réagir, mais ce matin, rien à faire.
Et puis, l'aiguille part vers la gauche, 10 volts, puis 9 .
J'arrive à Örebro, qui me semble une grande ville, et je n'ai presque plus d'essence!
Le plein à la station, et bien sûr, plus moyen de repartir !
La galère commence, heureusement le pompiste est bien sympa, me trouve un bouclard BMW moto qui ne peut venir me chercher (il est à 18 km d'örebro) il n'y a pas de station Bosch, je décide de faire transporter la brêle jusqu'au bouclard.
Immense truc BMW, Suzuki, Kawa et Harley.
Je compte au moins 60 motos en expo, plus une douzaine de HD !
Bien entendu, le mécano BM est en congés,les autres ne sont pas formés à cette mécanique d'exception, et comme ici c'est le MILIEU de l'été, ils sont à la bourre.
Alors, c'est encore Super-Jacky qui va m'envoyer les pièces.
Par contre, je suis bloqué ici jusqu'à lundi ou mardi !
Je zappe la visite de Stockholm et vous ferai à la place un bô reportage sur Örebro !

24 juin : Je suis contraint et forcé de demeurer jusqu'à mardi dans cette ville, qui est tout de même la 6ème de Suède en terme de population (133 000 habitants) pour ceux qui ont eu la flemme de chercher sur le Net.
Le château, photographié depuis ma fenêtre d'hôtel, style Renaissance, semble être la grande attraction du coin.

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Je me suis promené en centre ville, mes impressions sont qu'il n'est pas à démontrer que ce pays est des plus prospères, malgré 2 mendiantes aperçues le long d'un trottoir.
Lesquels trottoirs sont d'une propreté à rendre jaloux un helvète !
Sur les murs de la ville, aucun tag.
La propreté est conventionnelle:
J'ai vu, sur un parking d'autoroute, un viking ramasser dans un sac la défécation de son clebs.
Et aujourd'hui, une vikingue ramasser son mégot qu'elle venait d"écraser.
Je ne suis pas en reste sur ce chapitre puisque je récupère le bout filtre de mes clops.

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Il y a quelques jours, avec le Scal, nous étions en mission d'achat d'un brin de persil pour accomoder les filets de perche lémaniens.
Comme on était aller se le prodiguer dans un endroit qui sert des petits blancs, le patron m'a donné un cendrier.
J'en ai profité pour vider ma poche.
La tête du patron était comique à voir quelques minutes après, quand il a vu une douzaine de mégots dans son cendrier !!!
Je reviens du dîner, je fais comme les vikings, je dîne tôt (d'ailleurs, ils bouffent à toute heure, je l'ai constaté cet après-midi car nombreuses sont les terrasses)
Je me suis fait une assiette de 4 poissons, accompagnés de pommes de terre nouvelles, une sauce au fromage blanc, ciboulette et oignons, un régal !
Y avait aussi de la sauce HP, que j'ai boudée (pardon Jacquot)
La bouffe n'est pas horriblement chère, l'assiette a coûté env. 9,50 euros, mais les 2 bières pour faire glisser 12,40 euros !

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Demain, c'est férié, c'est une de leurs plus grandes fêtes, Midsummer, les stands à bière se sont montés, paraît que ça va picoler grâve...
A demain.
25 juin
Une nouvelle journée commence.
C'est un jour férié en Suède, les rues sont encore plus calmes (est-ce possible ?) les magasins fermés, seul les magasins d'alimentation ont ouvert leurs portes, j'achète quelques pommes et pamplemousses.
Ce que j'ai vu hier, déambulant :
Enormément de vélos, (beaucoup plus qu'en Chine !) pratiquement aucune auto en ville
Les gens flânent, personne ne court ni même ne semble être pressé.
Pas mal de punkettes multiperforées, et des tatoués mâles et femelles, du discret au dazibao.
J'ai également croisé une bonne quinzaine de femmes voilées, mais les yeux sont presque toujours maquillés.
A la couleur de leur peau, on ne peut les confondre avec des suédoises, même du sud.
Beaucoup de personnes âgées poussent devant elles un déambulateur utilitaire permettant le
transport de quelques marchandises.
J'en ai vu un chauve devant moi, et un instant j'ai pensé à Maïqueul.

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Visite d'une galerie d'expo de photos de James Nachtwey, photographe de guerre.
Des photos insoutenables,surtout quand ce sont des enfants et des civils qui sont les victimes.
J'ai retrouvé quelques une des photos exposées sur Google, qui a visiblement expurgé les plus difficiles à supporter.

dimanche interminable, 27 juin
Comment qualifier ce qui, de paisible et serein, le devient à l'extrême ?
J"ai dû mal comprendre au sujet de "Midsommar".
Les indigènes ne sont pas chez eux, il fait trop beau, ils ne sont pas non plus dans la rue, ils sont partis !
Au cours de ma promenade bi-quotidienne, j'ai remarqué qu'aucun tag ne vient souiller la moindre façade.
Vendredi dernier, la réception de l'hôtel m'avait indiqué que seuls, 2 restaurants restaient ouverts, j'ai eu de la chance, j'en ai trouvé un !
Pas de blème pour ce soir, j'en ai repéré plusieurs.
Habitants des GVQP, ces quelques images vous donnent une idée de la qualité de vie des gardiens de parcmètres locaux !

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Je souhaite que les pièces arrivent bien demain, et pouvoir repartir !
La prochaine étape doit être Kiruna, à 1300 km.

28 juin
MURPHY:
If anything can go wrong,
IT WILL !

Je quitte l'hôtel ce matin, paré, en cuir, pour retrouver Brunnhilde, et en me disant qu'à midi au plus tard, je roulerai cap au nord.
Scénario N°1 : Comme décrit plus haut.
Scénario JN : J'arrive à Kumla à 10H, les pièces ne sont pas encore arrivées. Quelques échanges de téléphone JKY, Andrea, Chronopost qui m'apprennent que le colis est en cours de livraison.
C'est un 19 tonnes qui le livre à midi.
Je me mets à l'oeuvre aussitôt.

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Le rotor changé, je constate que le porte-balais du stator s'est brisé pendant le transport, et qu'un charbon est cassé.

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Pas grave, j'en ai un bô sur le stator que je viens de déposer.
Seulement, je n'ai pas l'outil pour déposer le porte-charbons.
Il faut une clé de 8 coudée.
J'attends donc encore une plombe que les mécanos reviennent de leur repas.
Ils me coudent donc ma clé avé leur gros chalumeau et je m'y remets.
Ma clé de 8 ne vient pas de chez Facom et j'ai beaucoup de mal à dévisser ces 4 putains d'écrou mal placés.
Je travaille toujours dehors avec comme établi mon genou revêtu de cuir.
Bon, on va pas y passer la nuit polaire, je remonte le stator.
Je suis couché sur le dos, avec le soleil dans les yeux, échange la cellule redresseuse dans la même position.
C'est terminé, je me relève pour l'essai déterminant.
Contact, démarreur : Rrr-Rrr-Rrr-Rrr-Rrr... fait la brêle.
J'essai une seconde fois, après avoir re-vérifié que le coupe-contact n'est pas mis, que le starter ne l'est pas non plus, et : Rrr-Rrr-Rrr-Rrr-Rrr... fait la brêle.
Je fais remarquer au passage que Brunnhilde n'étant pas nippone, elle n'émet pas le caractéristique : Ri-gni-gni-gni-gni de ses consoeurs du pays du soleil levant.
En bref, ça démarre pas.
Encore une fois, un doute mon noeud.
Mes caisses à outils étant généreusement ouvertes devant moi, je branche une bougie sur un anticégétiste, et démarreur.
Pas d'étincelle !
Je me mettrai donc à approcher mon ami Dédé, qui, voulant préparer sa Guzz, lui a collé une panne d'allumage, une panne carburation et une troisième je ne m'en souviens plus en voulant la préparer pour le Parpaillon.
J'ai simplement vissé le fil d'allumage sous une rondelle de la vis de maintien du stator!
Celle-là non plus, j"étais pas obligé de vous la dire.

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On me prête un fer, c'est ressoudé, cette fois-ci, ça démarre.
Le voltmètre branché sur la batterie m'annonce timidement 12,5 volts.
J'ai gagné 2 volts par rapport à la semaine dernière, mais le compte n'y est toujours pas.
Il faudrait maintenant s'attaquer au faisceau, les conditions dans lesquelles je me trouve ne me le permettent pas.
Je n'ai plus le moral, cette semaine d'attente m'a sapé, et surtout, je n'ai plus confiance à Brunnhilde.
Il y a encore plus de 2400 km avant le point le plus au nord que j'ai souhaité atteindre.
Demain, j'achèterai une valise (je me trimballe un petit sac à dos, une sacoche achetée à Gannat l'année dernière, le sac de réservoir, et un petit attaché-case pour l'ordi et les papiers), je retournerai à Kumla pour y prendre des affaires, et prendrai le train pour Stockholm, que j'irai finalement visiter.
Et pi retour en avion.
Faudra que je m'organise pour aller récupérer Brunnhilde en remorque.
Et il vaut mieux la récupérer ici qu'à Porsanger, Rovaniemi, ou Sodankyla.
C'est fini, c'est un vieux rêve qui s'achève.
J'aurais vraiment aimé continuer à faire le con avec vous pendant tout le trajet...
Merci à ceux qui m'ont accompagé par leurs messages, je ne remercie pas les amis de Grenoble qui aujourd'hui encore, m'ont apporté leur soutien (ils comprendront) et surtout, merci à Andrea qui me supporte.
Votre dévoué,
JN
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EPILOGUE, 3 juillet 2010
Comme annoncé, j'ai acheté une valise, je suis retourné voir Brunnhilde et j'ai embarqué toutes mes affaires de moto, le linge propre et sale qui ont bien comblé les 96 litres de la valise.
Déclaration a été faite à l'assistance, qui va maintenant me rapatrier, et rapatrier la moto par la suite.
Je ne suis certainement pas leur meilleur client, car je fais appel à leurs services pratiquement chaque année, mais ils ne me le font pas sentir : amabilité, gentillesse au téléphone, efficacité.
Je vais les garder.
Plusieurs d'entre vous m'ont appelé, envoyé des textos, des mails pour me donner la "solution" pour continuer.
Après l'échange rotor, stator, cellule redresseuse, régul, les 12.5 V obtenus ne pouvaient pas me donner grande confiance au faisceau.
JKY me l'avait dit avant le départ : Suite à la transformation "side", le père Benoist a vraiment fait à l'économie, le fil partant bleu devient rouge et termine en vert.
Si le faisceau y a sans doute gagné en richesse de coloris, essayer de suivre un circuit n'est pas réalisable du bord de la route.
Et disons le, j'avais un peu la trouille de tomber en panne au beau milieu de la Laponie finlandaise, où on peut avoir, devant et derrière soi, des distances de plus de 100 km sans la moindre présence humaine.
Et Mr. SFR, il sait me connecter là-bas ?
C'est peut être pas sa priorité d'aller planter ses antennes au-dessus des sapins ...
Et la viande d'ours qu'ils bouffent, les locaux, vous croyez qu'ils se la procurent en chassant dans le zoo ???

www.2travelandeat.com/finlande/viande.d.ours.html

blog-de-glace.org/index.php

Pour Dédé, il faut que tu sélectionnes le lien avé ta souris, que tu cliques dessus, que tu le copies pour le coller dans la barre d'adresse de ton navigateur.
Ou des fois, ça marche en direct
Si tu y arrives pas, demande à Nathalie ou téléphone moi !

C'est toujours con de rebrousser chemin, j'ai raté tout le "grandiose" :
Kiruna, la cité minière qui doit déménager avant d'être engloutie suite à l'effondrement des galeries de mines.
Narvik, où a eu lieu en 1940 une bataille navale, puis terrestre opposant un corps expéditionnaire majoritairement français aux troupes d'occupation de la Wehrmacht.
L'histoire a retenu que c'était la première victoire alliée de la II guerre.
On en a pas fait grand chose, puisque les troupes alliées ont été rapatriées après avoir pris le port et la ville (plus de 700 morts des 2 côtés)
Et ils ont fait quoi, les Allemands ?
Ben ils sont revenus et sont restés jusqu'en 1944.
Les îles Lofoten, j'ai lu ce nom la première fois quand j'étais encore un charmant bambin, il faisait partie de la bordée d'injures du capitaine Haddock : "Abruti des îles Lofoten !"
Et sur les Lofoten, on peut y bouffer de la baleine !
J'avais même prévu une belle photo de cétacé dans mon assiette pour mes ami(e)s du musée océano de Monaco.
Et les fjords, c'est pas du grandiose ?
Je m'en serai tapé sur 800 km jusqu'à Gamvik.
Gamvik, c'est l' "autre" Cap Nord. Celui-là, sur le continent, contrairement à l'officiel qui est sur une île.
Pour y accéder, pas de péage de pont, route, tunnel ou bac !
Même le parking est gratuit, et pas de marchands du temple, ni de troupeaux de touristes, il n'y a ni hôtel, ni camping, ni rien, seulement un village de pêcheurs d'un millier d'habitants.
Pas pu bouffer de crabe royal non plus ! ('tention, le lien est aussi long que 5 jours à Örebro)

fr.wikipedia.org/wiki/Crabe_royal_du_Kamtchatka

Pas bouffé de saumon non plus, sauf une seule petite fois en Suède : C'est vrai que rien à voir avec celui de Carrouf !
Pas bouffé d'ours, ni de renne, ni d'élan finlandais...
Et les pays Baltes ?
Occupés par les russes, les nazis, les soviétiques, et indépendants seulement depuis moins de 20 ans, ils en ont, de ces musées qui racontent leurs souffrances, et des vestiges de la période soviétique, tant dans leurs villes que leurs environs !
Que des trucs discrets comme des bases de sous-marins, de lancement de missiles abandonnés.
Pour l'ancien soldat que je suis, quelle déception !
Je m'étais aussi promis quelques jours à Klaipeda (ex-Memel allemande)
Ceux qui ont lu "le soldat oublié" sauront ce qui s'est passé là-bas.
Et des gens qui ont un buste de Frank Zappa dans leur capitale sont
forcément des gens bien !
Sur les 3 pays, il y avait également des rencontres de motards, à voir les photos de leurs sites, pas forcément des mecs tristes :

www.emca.ee/index.php
www.mca.lv/about.php
www.biker.lt/
www.chimerasmc.lt/index.php/en/events.html

Ca aussi, c'est raté !
Et le retour par la Pologne, cette fois-ci en passant à Goldap (Tom comprendra !)
Je devais également m'arrêter chez Jurek Debski, le motard le plus polonais que je connaisse dans sa propriété d'Harleywood...
Avec tout ça, pas de morue de la Baltique !
Pour moi qui n'aime que peu le poisson crevé, un régal!

L'Allemagne, c'était Dresden et Leipzig d'abord pour mon vénéré Maître le Grand Jean-Sébastien, et un 'tit coup de Nüremberg, et un retour en Forêt Noire par la vallée du Danube.

Voilà tout ce qui n'a pu se réaliser.
A ma place, z-auriez pas envie de remettre ça, vous ?
Le faisceau électrique de Brunnhilde sera délicatement arraché à la pince coupante, un alternateur de caisse, j'arriverai bien à l'installer à la place du fourbi de chez Bosch, et en route pour de nouvelles aventures !


Date de création : 11/02/2011 @ 16:04
Dernière modification : 21/02/2011 @ 19:24
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